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kennyS : "J’ai réalisé des choses que je ne pensais pas pouvoir faire".

Présent au top niveau depuis la bêta du jeu, Kenny "kennyS" Schrub fait figure d'ancien sur CS:GO et cela malgré son jeune âge. Si certains le considèrent comme l'un des meilleurs joueurs ou l'un des meilleurs snipers du monde, d'autres lui reprochent une certaine irrégularité dans ses performances mais quoi qu'il en soit Kenny ne laisse pas indifférent.

Etant aujourd'hui l'une des figures de CS:GO, Kenny nous a accordé une interview où il revient sur son début de carrière et son accès éclair au haut niveau en quelques mois, le projetant sur le devant de la scène à 17 ans seulement. Il aborde également le début de CS:GO, la domination de NiP, son statut de star de l'eSport et enfin ses échecs et les difficultés qu'il a rencontrées lors de son aventure. Voici la première partie de notre rencontre avec kennyS, enjoy !

 

              

Une ascension fulgurante

Hello Kenny, merci de nous accorder cette interview pour l’ouverture de notre site. Tu es aujourd’hui connu et reconnu dans le monde CS et de l’eSport en général, certains te considèrent même comme l’une des figures du jeu. Mais pour commencer, petit retour aux sources et en parlant de Source justement, en quelle année débutes-tu le jeu ? Comment t’y intéresses-tu ? Comment as tu connu la scène compétitive ?

Hey. Alors c’est très simple, je pense que 95% des personnes ont commencé comme moi. J’ai un grand frère plus âgé que moi de 11 ans. Par conséquent, lorsque j’étais petit (à l'âge de 6 ans pour être totalement précis), j’avais l’habitude de subtiliser son PC quand il était absent, je jouais énormément à Warcraft III et CS (1.5 et 1.6 à l’époque).

Mais ce n’est qu’en 2010 que j’ai commencé à être sérieux et à ne plus lâcher le PC, 2010 qui coïncide donc avec mes débuts sur CS:S et c’était encore une fois sur le PC de mon frère, pur hasard, j’étais parti pour rejouer à CS 1.6 sauf que dans la bibliothèque steam de mon frère, seul CS:Source était installé... j’ai donc lancé Source. Je jouais sans vraiment connaître la scène ou autre chose, j’étais juste plutôt chaud. De fil en aiguille, j’ai fait des connaissances et j’ai connu les sites communautaires tel que VaKarM, grosso modo c’est comme ça que j’ai débuté, entre FFA et Gathers ESL.

L’un des tous premiers moments clé de ta carrière est certainement ton arrivée sur le mumble THEWALL sur lequel traînaient des joueurs comme AsP, EMSTQD (Happy), Sf, apEX ou NiaK qui te repèrent rapidement. Comment es-tu arrivé là ? Comment as-tu vécu cette période malgré ton jeune âge ? As-tu senti que tu pouvais percer à l’époque ?

A cette époque là, je devais avoir 15-16 ans, je trainais avec m4xie avec qui je passais beaucoup de temps, il m’apprenait un peu le jeu à vrai dire. C’était le premier joueur "pro" de l’époque que je fréquentais, du coup, j’étais relativement impressionné. Donc, on cramait un peu les ladders ESL en 2v2, etc. D’ailleurs, ceci a suivi mon ban ESL sur un match 2v2 ladder FR où j’ai été relativement nul mais apparemment ma réputation de cheater de l’époque a surement influencé le Staff ESL Anti cheat.

M4xie traînait également régulièrement avec BLESS, qui lui, passait tout son temps à faire des pickups sur le mumble TW. Un jour, BLESS nous a invité m4xie et moi à venir faire des pickups. Là, j’arrive sur un mumble où je vois tous les gros joueurs de la scène de l’époque, alors premier réflexe, je dis bonjour et je prends un screenshot du mumble avec tous les noms comme un fanboy qui se respecte, j’étais tout simplement impressionné.

Alors évidemment, tout ne se passait pas parfaitement, le ¾ du mumble désirait me voir banni et me traitait de cheater (même BLESS, alors que c’est lui qui m’avait ramené). Heureusement pour moi, des fortes personnalités du mumble tel que EMSTQD (ndlr : Happy), NiaK et apEX en particulier ont statué en ma faveur. J’ai vraiment saisi ma chance à cette époque parce que ça se représente rarement plus d’une fois. Alors, quand j’ai senti que je devais tout donner, je l’ai fait. Avec une bonne dose de chance.


Première lan avec Sf, AsP, Happy, apEX, kennyS et NiaK pendant sa micro sieste (Désolé Jérôme<3).

Vient ensuite ton premier événement offline avec cette PxL 32 en décembre 2011, pour l’occasion, tu joues avec un mix de qualité (Happy, apEX, AsP, Sf et toi). Qu’as tu pensé de l’événement en lui même et de ta prestation ? Comment t’es-tu senti en offline, quelles sont les premières différences qui t’ont marquées ? Si je me rappelle bien, NiaK était aussi présent sur place pour t’observer en vu d’un éventuel recrutement chez VeryGames (qui venait de perdre shox et SmithZz), as-tu ressenti une pression supplémentaire ?

Alors d’abord, je vais retirer les enseignements positifs de cet événement. On a gagné pour ma première sortie offline, ce n’est pas donné à tout le monde, même si j’ai eu beaucoup de chance de faire un mix avec ce type de joueurs. J’ai montré que malgré le fait que j’étais pas le kennyS de l’internet, je n’étais pas un cheater avec tout de même quelques phases de jeu intéressantes.

Après, on ne va pas se mentir, ma première lan avec de tels joueurs et le manager de la meilleure équipe du monde qui observe tout ce que tu fais, c’est perturbant et ultra stressant. Alors oui, j’ai fais une bonne lan sauf en finale où j’ai pris une pression démesurée et j’ai laissé SmithZz me marcher sur la tête (il a dû me tuer 10 fois en un side).

Tu enchaines très vite avec ta première vraie équipe avec la team eXtensive (fRoyGe, maxie, liptoNNN, tonuz), comment t’es-tu retrouvé dans cette formation ? Comment t’es tu adapté au jeu en équipe et toutes les contraintes qui en découlent ?

Étant proche de m4xie à l’époque, ça s’est fait relativement vite après la PxL32 après que mon accès à Team VG m’ait été refusé (logique et cela aurait surement été trop prématuré). Froyge me contacte dans des circonstances lointaines donc oubliées. C’était ma première vraie équipe, c’était assez différent des brush ou des pickups mais je me suis vite adapté avec des joueurs d'expériences comme Tonuz ou fRoyGe. Je n’avais pas peur des contraintes à ce moment là car je n’avais qu’une idée en tête, celle de rejoindre le circuit professionnel.

 

J’ai directement ressenti que malgré mon jeune âge et ma pauvre expérience, peu importe l’adversaire, je pouvais faire la différence avec mon niveau individuel.

Rapidement, vous disputez la Spirit-lan, ton premier événement en équipe, vous êtes attendus dans le top 3 derrière les favoris VeryGames (Ex6TenZ, RpK, NBK, apEX, mK) et Tt.dragons (shox, SmithZz, ScreaM, Uzzziii, maLeK) et vous tenez votre rang en terminant 3ème et accrochant les Tt.dragons (un 04-16,13-16 en winner, 14-16 en loser). Un retour sur ton premier événement compétitif en tant que challenger, comment as tu vécu l’événement ? As-tu déjà senti une évolution de ton niveau en quelques semaines ?

Sortant de cet événement, l’objectif était rempli bien que frustré car j’avais l’impression qu’il y avait la place d’accrocher un top 2 mais notre ambition qui était d’être top 3 FR semblait plus que jamais réalisable. Quant à mon niveau, j’ai directement ressenti que malgré mon jeune âge et ma pauvre expérience, peu importe l’adversaire, je pouvais faire la différence avec mon niveau individuel, j’étais donc relativement satisfait du résultat en équipe et de ma propre prestation.

J’étais également fier de montrer un tel niveau de jeu alors que cela était seulement ma deuxième sortie en événement offline. J’ai réussi à canaliser la pression d’une lan et de prendre en compte les erreurs commises durant la PxL32 pour ne plus les reproduire dans les évènements futurs.

CS:GO, le début de la gloire

On accélère un peu et on arrive quelques mois plus tard chez VeryGames puis l’arrivée sur CS:GO. Ta carrière sur CS reste très courte avec à peine 8 petits mois et déjà tu fais face à des joueurs comme f0rest ou GeT_RiGhT lors du tout premier event notable de CS:GO, la DH Valencia. Te souviens-tu de ces débuts sur CS:GO et des premiers événements ? Tu t’es rapidement adapté au jeu, pourquoi ?

Je m’en souviens très bien, j’adorais CS: Source et j’étais frustré d’avoir fait un parcours aussi court. Mon adaptation sur CS:GO ne s’est pas faite si facilement que ça à vrai dire. Pour l’anecdote, mon cher manager NiaK était même meilleur que moi sur la Beta du jeu… J’avais un niveau médiocre la veille de la DH Valencia mais une fois sur place, il s’est révélé que j’étais pas mauvais. Il y avait eu un gigantesque contraste entre le Kenny d’avant DH Valencia et pendant DH Valencia. Je ne sais pas comment l’expliquer mais j’avais pris le jeu en main en une lan alors que je ne touchais personne avant.

Mais en y repensant maintenant, si je me suis si bien adapté au jeu, c’est surement grâce à l’AWP, la possibilité de mettre des fastscops par exemple me facilite grandement la vie, c’est une corde à mon arc inestimable pour mon style de jeu très agressif.

Alors oui, sans mentir, la première fois qu’on joue NiP et leurs légendes, on est impressionné mais on fait abstraction et on donne tout car on sait que la première compétition sur CS:GO rythmera un peu le futur du jeu et offrait déjà un ranking. Nous voulions gagner et être top 1 monde, mais comme on le sait déjà tous, NiP va se révéler intouchable et très difficile à battre, leurs principes de jeu étaient déjà difficile à contrer et très en avance sur le temps.

L'image du début de CS:GO, NiP sur la plus haute marche et kennyS & VeryGames derrière.

A l’époque, une tendance forte se dégage après chaque compétition de ce début de CS:GO, NiP domine la scène et vous domine vous aussi en particulier. Cette longue période d’invincibilité a été assez compliquée à vivre pour vous, les VeryGames, peux-tu nous en parler ? Que penses-tu de cette période de domination aujourd’hui avec le recul ? Quelle est la valeur de cette période dans l’histoire de CS:GO, où aujourd'hui, nous venons de voir 6 équipes différentes remporter une compétition majeur à la suite ?

Au départ, c’était relativement frustrant et déprimant. Ensuite, on a certainement réussi à se satisfaire de la place de top 2 (jusqu’au jour où vint mon kick, qui est loin d’être une injustice, j’étais un très jeune joueur). Aujourd’hui, cette domination reste impressionnante mais elle a beaucoup moins d’impact que SK 2016 ou fnatic 2015. Ce n’était pas la même époque et en 2012/2013, le niveau n’était pas aussi resserré.

Par conséquent, ça n’a pas le même poids, pas la même mesure. Attention, je ne dénigre en rien ce qu’a réalisé NiP car peu importe l’époque, réussir à rester au top aussi longtemps n’est pas négligeable.

Sur CS:S ou même 1.6, les jeunes joueurs comme toi arrivant dans le jeu peuvent avoir des mentors sur qui s’appuyer et des modèles à imiter. Premièrement, quels joueurs t’ont inspiré lors de tes débuts ? Et lors de l’arrivée de CS:GO, comment arrivais-tu à prendre tes marques en tant que pionnier et sans personne sur qui “copier” ou apprendre ? Cela doit être une expérience quelque peu unique ?

Honnêtement, je ne pense pas avoir eu de réel modèle, je ne me rappelle pas avoir idolâtré un joueur (sauf markeloff qui m’a fait trembler durant la Mad Catz à Vienne). Sur CS:S, j’ai toujours eu des personnes sur qui apprendre. apEX m’a beaucoup appris au départ, et une fois sur CS:GO, je jouais avec quatre immenses joueurs (ndlr: Ex6TenZ, SmithZz, RpK, NBK), j’ai appris d’eux et ça m’a beaucoup servi dans le long terme. Je n’étais pas assisté 24h/24 mais j’avais largement de quoi apprendre et devenir un joueur confirmé.

 

J’adorais CS: Source et j’étais frustré d’avoir fait un parcours aussi court. Mon adaptation sur CS:GO ne s’est pas faite si facilement que ça à vrai dire. Pour l’anecdote, mon cher manager NiaK était même meilleur que moi sur la Beta du jeu…

A l’époque, je me souviens que tu m’avais déjà dit que CS:GO était le futur et serait grand. Honnêtement, t’attendais-tu à cela et une telle explosion ?

Je sais pas ce que je pensais à l’époque mais aujourd’hui, on a atteint quelque chose qui je pense est difficile à réaliser pour beaucoup de personnes. Qui aurait-pu prédire ça ?

kennyS, la star

Dès le premier événement sur CS:GO, tu te démarques des autres joueurs de part ton style de jeu explosif et ton utilisation de l’awp. Rapidement, ton statut change et tu deviens l'une des images du jeu. T’attendais-tu à une telle reconnaissance et à être comparé à des légendes comme f0rest ou GeT_RiGhT ?

Non, bien sûr que non. J’étais très jeune. Évidemment, j’étais ambitieux mais je ne pensais pas que je pouvais y arriver. A vrai dire, ça reflète assez bien ma carrière, j’ai réalisé beaucoup de choses que je ne pensais pas être en mesure de faire, j’ai toujours eu tendance à me sous-estimer.


kennyS avec des fans

Les années passant, ton statut s’est affirmé, tu es indiscutablement l’une des “stars” de CS:GO. Comment as-tu vécu cette évolution de ton statut ? Comment as-tu géré le fait d’être un modèle pour les jeunes joueurs ? Cela t’oblige-t-il à faire attention à tes moindres faits et gestes, tes déclarations, etc ?

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai atteint un niveau que je ne pensais pas être capable d’atteindre. J’étais un jeune joueur, c’était difficile de ne pas prendre la grosse tête ou de ne pas se sentir au-dessus des autres. Maintenant, j’ai acquis beaucoup d'expérience et de professionnalisme donc évidemment, j’ai la tête sur les épaules, bien plus qu’au préalable.

Aujourd’hui, je fais au mieux pour rester le plus authentique possible avec mes fans et sur les réseaux sociaux mais oui, en effet, je fais attention à énormément de choses. Dans la communication mais surtout sur mon comportement dans les événements et avec les gens, je fais attention de ne pas laisser apparaître une cigarette sur une photo ou quoi. J’aime être un exemple pour les gens, c’est pour ça que j’y porte autant d’attention.

Concernant la partie plus "réelle", comment est ton quotidien aujourd’hui ? Comment s’est passée cette évolution dans ta vie personnelle et familiale dans ce contexte de star de l’eSport ? Qu’est-ce qui a évolué pour toi au fil des années ? T’arrives t’il d’être reconnu dans la rue en dehors des événements où tu te rend ?

Évidemment, l’avis de mon entourage (famille, amis…) a changé et ils sont tous très fiers de moi. Mais par exemple, la vidéo VALVe n’a pas été facile, notamment pour ma copine et ma mère. Cette vidéo a été visionnée plus de deux millions de fois et c’est difficile pour eux d’être sous le feu des projecteurs.

J’ai toujours essayé de me faire petit et de parler du moins possible de mon travail, au départ pour éviter les clichés, mais aujourd’hui, plus par protection de ma famille et de moi même. J’habite dans une ville où je connais tout le monde et où tout se sait. Malgré mes efforts, il y a surement 60% des personnes que je connais qui savent aujourd’hui ce que je fais mais je tiens à rester le plus discret possible là dessus. Et oui, en effet, je me fais reconnaître relativement souvent et même de plus en plus dans ma petite ville.

 

A vrai dire, j’ai réalisé beaucoup de choses que je ne pensais pas être en mesure de faire, j’ai toujours eu tendance à me sous-estimer.

Valve est venu chez toi, a rencontré ta famille et tes amis pour faire ton portrait, c’est une sacré reconnaissance. Comment s’est passé la démarche des deux côtés ? Comment s’est déroulé l’enregistrement et qu’as tu pensé du résultat ?

Valve m’a tout simplement contacté par mail pour me glisser l’idée. J’ai évidemment accepté et nous étions tous relativement enclin et content de le faire (amis et famille). Ils sont donc venus chez moi, ils étaient trois et m’ont demandé de partager des choses avec mon entourage, des choses que je fais régulièrement avec eux. Ils m’ont ensuite demandé des endroits sympas pour prendre des moments de vidéo là-bas.

J’ai ensuite eu une interview et voilà ! Ce n’était que quelques minutes de vidéo mais c’était deux jours intensifs ! J’ai vraiment apprécié le résultat, mais comme je l’ai dit au préalable, ce qui a été difficile, ce sont les insultes envers ma mère et ma copine, surtout leurs réactions à vrai dire parce que je m’y attendais et j’y suis habitué de mon côté, mais oui mon entourage ne s’attendait pas vraiment à être autant sous les feux des projecteurs.

La chute et les échecs

Malgré tout, ta carrière n’a pas été aussi rose qu’il n’y paraît aujourd’hui. Durant cette période où NiP vous dominait et les titres étaient rare à cause de cela, tu as toujours plus ou moins répondu présent sur le serveur de jeu. Pourtant en mai 2013, tu es remercié de VeryGames et shox prend ta place. Peux-tu aujourd'hui revenir sur cet événement, sa signification pour toi à l’époque et ce que cela représente aujourd’hui ? As-tu compris et comprends-tu ce choix avec le recul ?  

Oui en effet, j’ai toujours relativement assuré individuellement, mais comme je l’ai dit au auparavant, j’étais un jeune joueur manquant d'expérience, j’étais également très impressionné de jouer chez Team VeryGames. Je me suis mis des barrières tout seul et je me suis ralenti dans ma progression à cause de ça. L’équipe stagnait et j’étais "l'élément faible de l’équipe" car je n’avais pas toute les cartes en mains pour devenir un joueur incontournable et important dans l’équipe à ce moment là.

Donc le choix de me remplacer par shox, un joueur beaucoup plus expérimenté que moi à l’époque fut à la fois payant et logique. Bien qu’un kick ne fait jamais plaisir, j’ai vite compris le pourquoi du comment de ce choix. Grosso modo, tout ce que j’ai appris chez Team-VG, je ne l’ai appliqué que plus tard, lorsque j’ai intégré Team-LDLC.

Pendant plus d’un an, de mai 2013 à avril 2014, tu fais Team-LDLC, WeGotGame, WARMAKER, Recursive, Clan-Mystik avec des résultats plus ou moins bons. Comment as-tu vécu cette période de “déclassement” dans le top mondial ? Surtout pendant une période où les majors arrivaient et VeryGames arrivait enfin à battre NiP sans toi...

A court/moyen terme, ça allait. J’ai passé beaucoup de bon moments avec ces équipes et j’ai pu m’améliorer en tant que joueur et me rendre important pour eux. Surtout la DH Winter 2013, qui était le premier major, s’est relativement bien passé pour moi avec RECURSIVE. On perd contre les futurs vainqueurs dans un match qu’on aurait pu gagner mais ça reste un bon souvenir.

Après, certes, à long terme, ça devenait un peu pesant de ne pas gagner et de rater beaucoup de gros tournois mais c’était comme ça, je ne regrette rien de cette période et ça a fini par payer.

Tu retournes finalement chez Titan en remplacement de shox qui venait de quitter. Qu’est-ce qui avait changé dans l’équipe alors ? Comment as-tu vécu ce retour puis les différents moments compliqués comme le ban de KQLY ? Bon et parlons-en... ces échecs répétitifs en major avec Titan, comment l’expliques tu ?

Dans l’équipe en soit, pas grand chose au final, toujours la même mentalité qui était celle de la gagne. Cela avait même était poussé jusqu'à l'extrême avec la gaming house. Avec 3 semaines à l'intérieur et une semaine chez nous, évidemment, cela faisait trop et cela s’est avéré être contre-productif.

De mon côté, j’ai engrangé beaucoup d'expérience après mon kick de VG en 2013. J’avais à cœur de prouver qu’ils n’avaient pas fait une erreur en me reprenant car je sais je n’étais pas le premier choix de tout le monde et c’était compréhensible étant donné que j’étais resté dans le ventre mou européen pendant une longue période.

Alors, certes, tout ne fut pas joyeux, notamment à l’époque du major de la DreamHack Winter 2014, nous étions à vrai dire très bien préparés en équipe et étions ultra confiant à l’abord du tournoi, j’avais mon meilleur niveau individuel. Mais il y’a toujours un hic, KQLY arrive au bootcamp pré-major et se fait instantanément VAC Ban en lançant le jeu. Au début, on a eu du mal à y croire dans la mesure où ça nous paraissait impossible à un niveau professionnel de tricher, et surtout, c’était notre teammate donc on lui faisait confiance à 100%. Ce fut un très gros coup dur…

En ce qui concerne nos échecs répétitifs aux majors, j’ai pas vraiment d’explications. Je pense que certains joueurs voulaient tellement faire un résultat qu’ils n'abordaient pas le tournoi de la bonne façon. Notre système d'entraînement pouvait également être remis en question dans la mesure ou avec Titan, on avait du mal à avoir un mappool de 5-6 maps vraiment solide comme toutes les autres équipes. Mais je peux affirmer avec beaucoup de confiance que la DH Winter 2014 était un tournoi où nous aurions pu aller très loin.

 

Cela devenait un peu pesant de ne pas gagner et de rater beaucoup de gros tournois mais c’était comme ça, je ne regrette rien de cette période et ça a fini par payer.

Malgré ton statut de joueur star, une critique apparaît régulièrement pour Dan et toi : l’irrégularité. Globalement sur le long terme, ton niveau est bon mais il y a quelques période ou tu vas connaître une chute de niveau soudaine pendant quelques semaines puis d’un coup revenir en god mode et arracher les têtes, cela ayant ainsi une influence sur les résultats de l’équipe. Le ressens-tu ? Si oui, comment l’expliques-tu et que fais-tu pour éviter cela ?

Je pense que pour Dan (ndlr: apEX), c’est surtout lié à son rôle, celui d’ouvreur n’est pas facile et requiert beaucoup de critères tel que la confiance, la chance et les coéquipiers derrière. Je ne lui cherche pas d’excuses parce que c’est vrai que parfois, il peut être incroyablement nul (Non, j’abuse :D), mais il faut juste admettre que pour remplir son rôle, il y a beaucoup de critères qui rentrent en compte. Et lorsqu’il est dans un bon jour, il est incontestablement le meilleur là dedans.

Pour ma part, j’ai également un rôle important, celui de sniper et c’est sûr que dans un bon jour, j’accrois probablement de beaucoup les chances de gagner de mon équipe. Je n’ai jamais trouvé que l’inconstance était mon plus gros problème, dans le sens où je n’ai pas toujours été en “Godmode” comme tu le dis, mais je n’ai jamais été très mauvais non plus.

Je pense que c’est surtout lié à mon rythme d’entraînement qui lui, est relatif à ma motivation qui est parfois en dents de scie. Si tu me vois m'entraîner beaucoup, je t’assure que je serais très fort et si j’enchaîne les bonnes perfs, j’aurais une confiance démesurée. L’autre problème, qui n’en est peut être pas un, c’est que je ne suis jamais satisfait de moi même et je veux toujours faire plus, surtout lorsque je dois palier à mes défauts. Je suis content lorsque je réalise un match complet où il n’y a pas vraiment de reproches à me faire (Mais c’est plutôt rare :D).

La suite au prochain épisode.

Photos par HLTV.org, PxL, ESWC

Lundi prochain, nous vous proposerons la seconde partie de cette interview avec kennyS, nous aborderons cette fois-ci son arrivée chez EnVyUs, sa défaite en finale puis sa victoire lors du major suivant, son futur dans l'esport et dans sa vie et enfin quelques questions "random", le jeu, les maps, le PSG eSports, etc. Avant de vous laisser partir, voici un petit teaser :

Pas mal.

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