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Lundi 21 mai 2018 19:13

Chronique d'Aks : Sauvons la scène française !

Il y a quelques jours, Nathan "NBK" Schmitt⁠ interpellait, non sans humour, Gabriel "FalleN" Toledo⁠ pour lui demander "Comment réparer la scène française ?". Si plusieurs personnalités de la scène ont répondu avec plus ou moins d'humour à ce tweet, j'ai trouvé le sujet passionnant et pensé que c'était idéal pour une chronique. 

Si vous suivez Counter-Strike depuis longtemps, vous savez à quel point la scène francophone est remplie d'incroyables talents : Kenny "kennyS" Schrub⁠, Adil "ScreaM" Benrlitom⁠, Cédric "RpK" Guipouy⁠ ou l'indémodable Richard "shox" Papillon⁠ n'en sont qu'un échantillon. Pourtant plus rien de fonctionne, pas même la "superteam" G2 après plus de 12 mois d'attente et d'espoirs peu à peu éteints... Aujourd'hui G2 est 11ème au classement HLTV, EnVyUs 22ème et LDLC n'y est même plus classé.


Alors, comment on la répare, cette scène ?
Voici 7 suggestions pour avoir des équipes françaises présentes en finales des grandes compétitions : 

Donner du pouvoir aux encadrants et à la structure

Manque de travail, égos surdimensionnés, caprices, joueurs stars intouchables. Ce genre de problématiques existe et pour les régler il faut donner du pouvoir aux encadrants et à la structure. Les joueurs ne sont pas les rois à bord, ils sont là pour faire un travail : donner le meilleur d'eux-mêmes pour permettre à l'équipe de gagner. 

Les managers ou coachs, ne sont pas là pour être copains avec les joueurs, mais pour optimiser et permettre aux "athlètes" de donner le meilleur d'eux-mêmes. Placez dans un staff d'équipe un individu que les joueurs n'acceptent pas, aussi bon soit-il, il n'aura aucun pouvoir pour faire ses preuves ou son travail. 

Le chantier à effectuer est énorme, puisque pour avoir le pouvoir il faut pouvoir agir ("punir" ou "récompenser") et que pour rentrer dans une structure comme cela le joueur doit voir son intérêt à gagner plus grand que celui d'avoir un salaire majoré et garanti

Comme un club de foot peut mettre à pied ou exclure un joueur, les écuries esportives devraient pouvoir sanctionner les joueurs manquant de professionnalisme. Pour cela il faut des moyens financiers (provisionner de virer un joueur plutôt que de le vendre par exemple). Et avant tout des moyens humains (voir le point suivant), puisqu'il ne s'agit pas de transformer les joueurs en subordonnés bien dressés, mais de les rendre simplement gérables sportivement parlant (lecture courte sur le sujet ici).

Formation des encadrants

Dans tous les sports, les plus grands coachs ne sont pas forcément les plus grands joueurs.

Je vais citer en exemple Sébastien "krL" Perez, que bon nombre d'entre nous imaginent coach d'une grande équipe. Ses attributs d'ancien joueur de classe internationale lui donnent un avantage certain par rapport à d'autres prétendants et ses capacités naturelles à transmettre une énergie positive et une rage de vaincre à une équipe en sont d'autres. Mais pour moi, l'équipe qui le recrutera devra lui payer une formation pour devenir un vrai coach : optimisation des compétences, adaptation du discours à l'environnement, maitrise de la communication non violente, gestion de crise, gestion des égos et de nombreux autres points essentiels.

Zinedine Zidane a terminé sa carrière de joueur le 7 mai 2006,
 et a terminé ses diplomes d'entraineur et de manager général de club en Janvier 2014. 
Il s'est également formé 2 ans en étant adjoint de Carlo Ancelotti puis un an et demi en tant qu'entraineur de l'équipe réserve, rien que ça.

La scène CS française s'est professionnalisée autour d'acteurs souvent autodidactes et qui accomplissent un travail formidable (Jérôme "NiaK" Sudries ou Jordan "Next" Savelli par exemple). Leurs années passées à effectuer leur rôle bénévolement ont été un plus pour se lancer dans une carrière professionnelle. Pourtant, même eux pourraient considérer à se former à certaines compétences de leur métier, comme certains aspects psycho, gestion de crise ou autre... dans le but, peut-être, d'éviter à l'avenir de laisser se produire les situations actuelles. Note : Peut-être se forment-ils déjà régulièrement, je n'ai pas eu cette info.

La liste peut-être longue : RegnaM, Oztriker, krL, Krav, maLeK etc. Ces personnalités ont des compétences variées, acquises au cours de leur vie (autour du jeu, personnelles ou professionnelles) mais ils sont rarement formés à leur nouveau métier. Leur vision est donc limitée et les erreurs obligatoires pour apprendre. Formation = gain de temps et augmentation des performances.

Horaires et lieux d'entrainement fixes pour le travail d'équipe et des individualités

La pratique du home-office (ndlr, comprenez travail à la maison au lieu du bureau) nécessite des encadrements sérieux et de nombreuses entreprises se heurtent à des difficultés dans sa pratique, pourtant chez nous c'est un cas majoritaire avec seulement quelques "bootcamps" pour compenser. Pourquoi?

Une équipe CS:GO gagnerait à avoir des bureaux organisés et des horaires dédiés à leurs entrainements collectifs et individuels.  Des joueurs présent 5 jours par semaines et 8 heures par jour dans un bureau équipé (salle de réunion et visionnage de démo, salle de practice collective, salles de practice individuelles, salle d'échange avec les préparateurs mentaux, et salle de sport) et entouré d'un staff compétent (coach, manager, préparateur mental), cela permet de focaliser les heures de travail de tout le monde sur des objectifs précis : être les meilleurs et gagner.  

Avec des bureaux et des horaires : Pas de place à la procrastination (vidéo sur le sujet pour les curieux), les joueurs sont au travail, le staff est présent et disponible pour repérer une difficulté et intervenir en face à face et au cas par cas.

Plan du Kinguin performance center (lien) qui a pour objectif de
"donner le meilleur environnement possible aux joueurs professionnels".

Concernant G2 Esport par exemple, Carlos "ocelote" Rodríguez pourrait imaginer mettre ses joueurs dans ses locaux. La synergie développée par un staff qui développe avec succès une marque comme G2 et une équipe qui représente la structure au quotidien pourrait donner des résultats intéressants.

Travailler avec des objectifs sur les entraînements, les progressions dans et hors du jeu.

Identifier un point d'amélioration, envisager une solution et mettre un objectif pour mesurer son efficacité. Recommencer, sans cesse. En entreprise, dans le sport en général et pour certain dans la vie, toute action a un objectif. Professionnaliser les entrainements (avec des encadrants formés) permettrait d'optimiser leur rendement et efficacité.

Cela partait évident, si un joueur X n'arrive pas à lancer un smoke précise pour permettre à son équipe de terminer une stratégie il semble évident qu'en sortant du match il lui est demandé de s'entrainer jusqu'à objectif : réussir cette put**n de smoke. Mais qu'en est-il de l'équipe qui ne sait toujours pas gagner sur une map après des mois d'entrainement? Qu'en est-il du joueur qui a une baisse d'efficacité ou du joueur qui par trop de concentration sur X ou Y point n'arrive plus à communiquer correctement dans le jeu?

Tous ces points d'amélioration doivent être identifiés, parce un joueur ou personne du staff, puis un travail doit être mené avec des objectifs : X heures de Deathmatch sur telle ou telle arme cette semaine, reprise des bases de communication puis tests sur un nombre de practices par exemple.

Travail sur le mental individuel et de groupe 

On entend souvent des joueurs comme Kenny "kennyS" Schrub⁠ ou Adil "ScreaM" Benrlitom⁠ parler de leur besoin d'être dans un bon état d'esprit pour jouer

Il y a deux écoles pour obtenir cet état d'esprit : attendre qu'il arrive tout seul, ou se donner les moyens pour qu'il arrive régulièrement et générer un momentum. La solution : le préparateur mental, et ce n'est pas un métier qui s'improvise, il faut des professionnels, formés. Pour ceux qui veulent aller plus loin, j'avais écrit un billet sur le sujet chez nos confrères de Vakarm il y a 2 ans.

De la même façon, une équipe qui a une mauvaise passe doit être suivie. Trouver les causes de ses problèmes et appliquer les solutions requiert une certaine expérience et des formations spécifiques.

Primer la réussite

Actuellement, les seules carottes sont les dotations lors de victoires, seulement, pour gagner il faut travailler, et pas seulement une semaine avant la compétition. Alors, pour augmenter les chances il faut récompenser le travail et pas seulement la victoire : un salaire légèrement moindre et des objectifs, hors victoires, primés. En entreprise on estime que les primes (hors commerciaux) peuvent représenter 10 à 20% du salaire annuel, peut-être est-ce là une solution simple ?

Le manager de BIG Clan semble être tout à fait d'accord avec ce point.

Éduquer les supporters

Et oui, aussi bête que cela puisse paraitre, les supporters doivent être éduqués pour permettre aux équipes de gagner. Un exemple est souvent meilleur que mille mots, alors voici ce que peuvent lire les joueurs après une défaite : 

Est-ce bien normal ? Pensez-vous que cela aide au bon moral des troupes ?
Alors à toi, cher supporter qui ne sait pas se tenir et qui passe probablement par ici, voici une formation que tu devrais vraiment suivre : la communication non violente.

Éduquer les joueurs

Le talent ne suffit plus, il faut être professionnel et accepter de ne pas tout contrôler. Faites preuve d'abnégation dans votre travail, vous pourrez faire ce que vous voulez dans votre vie.
Si une structure propose 50 000€ de salaire, mais qu'une autre en propose 20 000€ avec un encadrement professionnel complet, il faut choisir avec soin

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Ce billet n'est pas un billet à charge sur les joueurs, structures ou staffs. La forte croissance que connait l'économie du sport électronique, le succès économique de certaines structures et les salaires des joueurs qui ont explosé, précipitent beaucoup d'actions et laissent place à de nombreux axes d'amélioration, ce sont certains de ces axes que j'ai voulu développer ici. 

Vous pouvez également composer votre shuffle français en vistant shuffle.flickshot.fr !


Aks

CS depuis 1999, j'aime écrire sur le sujet et ce qui l'entoure.