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Samedi 05 mai 2018 19:03

MAJ3R : "Sans Ozstrik3r, je ne serais peut-être pas le joueur que je suis aujourd’hui"

Il était revenu en France pour briller lors de la DreamHack Marseille. Malheureusement, l’histoire en a voulu autrement. Après avoir brillé sur CS 1.6 chez Millenium ou encore Burning et Get2Gev, Engin "MAJ3R" Kupeli fait désormais partie des meilleurs joueurs au monde sur CS :GO avec son équipe : les Space Soldiers. Le temps d’un instant, il s’est confié au micro de Flickshot.fr.

Salut Engin, est-ce que tu pourrais revenir un peu sur tes débuts à Counter-Strike ? Comment es-tu "arrivé" sur ce jeu, plutôt qu’un autre ?

Salut à tous, je m’appelle Engin Kupeli, j’ai 27 ans et cela fait 15 ans que je joue à Counter-Strike désormais. D’abord sur le circuit amateur, puis sur le circuit professionnel. Plus jeune, j’ai aussi joué à des jeux comme Warcraft et Starcraft ; mais ensuite j’ai découvert Counter-Strike en cyber café et l’aspect « esprit d’équipe » m’a tout de suite séduit. En vérité, j’avais l’impression que Warcraft et Starcraft étaient surtout faits pour des joueurs « solo » on va dire. Étant un gros passionné de football depuis tout petit, j’avais besoin de retrouver cette sensation de « collectif ». Donc, mon choix s’est porté naturellement sur CS plutôt que sur un autre jeu, même si j’ai beaucoup joué à DOTA par la suite aussi. CS a été mon « premier amour » dans l’esport quelque part, et ça l’est toujours aujourd’hui.

Tu avais d’autres passions à l’époque ?

Oui, j’ai énormément joué au football quand j’étais petit et je me souviens même que je dormais avec mon ballon au pied du lit (rires) ! Tous mes pantalons avaient des trous au genou à cause du foot, sérieusement (rires) ! J’ai joué jusqu’à mes 11 ans, en club aussi, puis en 4ème j’ai eu un accident de voiture qui m’a forcé à rester dans un plâtre pendant un long moment. À ce moment-là, j’en ai profité pour découvrir l’univers des jeux vidéo vu que mon père venait de m’offrir un ordinateur à la maison. Aujourd’hui, malgré tout, je suis encore un grand fanatique de football.

NeXeN 2007, Cowboyz avec deux jeunes joueurs : MAJ3R et sixeR

Si je ne me trompe pas, tu as été repéré durant une NeXeN avec Cowboyz durant laquelle tu jouais avec sixeR notamment, il se passait quoi dans ta tête à cette époque ? 

Honnêtement ? Pas grand-chose… mais c’est vrai qu’on avait été repéré sixeR et moi-même durant cette NeXeN par Yqs (le leader des Cowboyz à l’époque). Il nous avait expliqué qu’il existait des tournois en 5 contre 5. Sur le coup, je me suis dit : « pourquoi pas ? » ; j’ai toujours été un grand compétiteur dans l’âme et cette blessure avec l’accident de voiture, ça m’avait « enlevé » quelque chose d’une certaine façon ; je n’étais plus apte à pratiquer le sport à haut-niveau, même au niveau amateur… J’avais besoin de pouvoir retrouver cette sensation, la compétition, l’adrénaline… Vu que le physique est un atout secondaire dans les jeux vidéo, ça m’a permis de retrouver tout ça. Aujourd’hui, ce que j’aime avant tout dans l’esport, c’est de vivre avec cet état d’esprit d’équipe au quotidien, de gagner ensemble, de vivre les événements ensemble… Parce que crois-moi, quand tu joues face à un public vraiment motivé, c’est vraiment quelque chose d’unique. Être le meilleur pour faire vibrer les gens, en plus d’aider mon équipe à gagner, c’est ça ma philosophie de vie.

Ça t’arrive parfois de repenser à cette époque, à tes débuts ? En quelque sorte, vous étiez les « ZywOo de 1.6 » avec sixeR…

Cela m’arrive oui, mais bon tu sais, le passé restera toujours le passé. Ce que je me dis surtout, c’est qu’en étant plus rigoureux, j’aurais peut-être pu mieux gérer mon parcours scolaire à l’époque. Ça, je le regrette un peu, oui. Après, j’avais tellement d’énergie en moi, qu’il me paraissait difficile de rester en cours toute la journée. J’avais tellement besoin de me dépenser… Mais, pour répondre à ta question - et après avoir vu jouer ZywOo, je pense sincèrement qu’il est plus fort que nous à l’époque, vraiment. Les jeunes, aujourd’hui, ils ont une « bibliothèque » beaucoup plus importante que nous si tu veux. À l’époque, le « cercle » des meilleurs joueurs était très fermé. Aujourd’hui, n’importe quel jeune peut se mesurer à des joueurs très expérimentés grâce à des ligues comme l’ESEA ou FACEIT. Par conséquent, ils peuvent apprendre beaucoup plus vite que nous. Et puis, il y a beaucoup plus de matchs diffusés que par le passé aussi. Le streaming aide beaucoup.

Te doutais-tu qu’un jour l’esport devienne aussi important ?

Non, sincèrement, je ne pensais pas que l’esport puisse autant se développer. À la fin de CS 1.6, j’avais carrément vendu mon ordinateur, car je devais absolument penser à mon avenir professionnel. J’avais arrêté mes études, il fallait que je trouve « la » bonne direction pour bien orienter ma vie. Pour être très précis, shox et Oz m’avaient d’ailleurs demandé de rejoindre leur équipe sur CS :GO, j’avais accepté pour le « fun » avant tout ; pour retrouver cette sensation de compétition et d’adrénaline comme un drogué (rires) ! Pour être honnête, le jeu en lui-même ne me plait pas tant que ça, tu sais… ce que j’aime avant tout, c’est l’affrontement de « l’intelligence » entre les joueurs, entre les leaders aussi. Dominer son adversaire avec l’intelligence de jeu, c’est quelque chose de jouissif. Même quand tu perds, ça peut être excitant aussi… Pourquoi ? Parce que tu vas devoir activer ton cerveau pour trouver de nouvelles solutions afin de devenir encore meilleur, progresser encore et encore. Trouver et surtout expliquer les raisons d’une défaite, c’est un processus qui me plaît énormément.

L'esport en 2017 et 2009

Tu penses que ton expérience sur CS 1.6 t’a aidé pour percer sur CS :GO par la suite? Si oui, en quoi ?

Oui, je pense que ça m’a beaucoup aidé à appréhender CS :GO. Dans le fond, c’est toujours les mêmes règles. La meta game évolue de temps en temps, mais cela reste le même concept de jeu. Disons que ça m’a surtout aidé pour la gestion du stress, pour conserver mon sang-froid dans les situations « tendues ». Aujourd’hui, je pense réfléchir beaucoup plus vite in game parce que j’ai déjà vécu des situations similaires à celles que je vis dans le jeu aujourd’hui des milliers de fois auparavant. J’arrive à prendre des décisions sans même réfléchir par rapport à ce que je vois. Après, je ne peux pas me reposer uniquement sur ces acquis du passé. L’entraînement, c’est la clef, comme dans n’importe quel sport. Il me faut sans cesse essayer de renouveler mon jeu. Et celui de l’équipe.

Comment ça s’est passé avec Oz au départ ? Vous avez directement senti que vous pouviez progresser à ses côtés ? Dans le monde du football, Pep Guardiola dit souvent qu’il ne serait « rien » sans sa rencontre avec  Johan Cruyff à Barcelone, ça marche comme ça aussi dans l’esport ?

Oz a été la première personne qui nous a vraiment fait confiance au début avec sixeR, il était un peu comme un « grand frère » pour nous. Pour être clair, Steeve a une forte personnalité - et aujourd’hui, avec du recul, je pense que c’est véritablement un bon meneur d’hommes et quelqu’un qui peut te pousser au maximum de tes possibilités intellectuelles et physiques. Pour mon cas, je pense qu’il ma cerné très rapidement et il a su utiliser la bonne méthode avec moi. J’ai besoin qu’on me dise les choses sincèrement et sans arrières pensées, j’ai besoin qu’on soit « direct » avec moi. En touchant ma fierté, on peut me forcer à donner le meilleur de moi-même ; plus on me frappe, et plus je vais me relever rapidement ! Steeve a compris ça immédiatement, il a vraiment été la personne la plus importante dans ma progression sur CS. Sans lui, je pense que je ne serais peut-être pas le joueur que je suis aujourd’hui. Ensuite, pour constituer ma propre personnalité et mon propre lead in game, j’ai su piocher des idées et du « style » chez tout le monde. Chez HaRts, comme chez Geno par exemple.

Tu as pioché quoi, justement ?

Disons que j’ai beaucoup appris sur le côté « mental » du jeu avec Oz, HaRts était plus dans l’aspect technique et tactique. Geno, lui, était un vrai mix des deux. Moi, je pense avoir l’énergie et la volonté d’Oz, et un peu l’intelligence de HaRts, avec mes propres qualités et mon propre vécu. « Je suis comme je suis », comme on dit.

HaRts et Oz, deux leaders clés dans sa carrière

Tu cherches à responsabiliser tes joueurs comme Steeve le faisait avec vous ?

Oui, d’autant plus que je joue avec des jeunes joueurs aujourd’hui. Alors, j’essaye au maximum de leur laisser de la liberté dans le jeu, même si au départ on avait un plan de jeu beaucoup plus strict. J’ai appris avec le temps, aussi, que chaque personne a sa propre personnalité et sa façon d’appréhender les notions d’apprentissage et de partage des connaissances. Je ne pense pas m’être imposé comme leader. Je pense plutôt que ce sont mes joueurs qui m’ont choisi comme leader et qu’il s’agit d’un processus logique.

Lui, serait plus proche d’un Jurgen Klopp ou d’un Diego Simeone. Et toi, tu te sens plus proche de quel entraîneur ? Pour moi, tu ressembles beaucoup à un Carlo Ancelotti de l’extérieur, sixeR dit d’ailleurs que tu es quelqu’un de très « généreux » (une caractéristique souvent louée par les joueurs entraînés par Ancelotti)

Oui, il est très proche d’un Jurgen Klopp même si je sais qu’il adore Antonio Conte :D Après pour répondre à ta question, je suis quelqu’un de généreux dans la vie de tous les jours, je pense souvent bien plus au bonheur des autres qu’au mien. Je pense sincèrement que donner est la meilleure chose qu’on puisse faire dans ce monde, rendre heureuse la personne face à vous. Après, je me verrais plutôt comme Alex Ferguson : maturité, fidélité et générosité. À mon propre niveau, bien sûr. Quelle légende quand même Ferguson (rires) !

Comment décrirais-tu tes rapports avec tes joueurs ?

On est vraiment proche, comme des frères quelque part. Je pense que c’est la chose la plus importante pour une équipe, de pouvoir faire confiance à 100% à ses coéquipiers. Aujourd’hui, je passe beaucoup plus de temps avec eux qu’avec ma famille avec les tournois et les entraînements. C’est donc primordial d’avoir une vraie relation de confiance entre nous. Après, je peux comprendre que certaines personnes puissent jouer uniquement pour le côté professionnel. Mais une relation d’amitié reste vraiment importante à mes yeux. Savoir mettre son ego de côté pour éviter les conflits, pour que toute l’équipe tire dans le même sens, c’est capital.

Quand tu expliques en interview que tu as commis une erreur dans le choix de la map face à Gambit lors de la DH Marseille,c’est quelque chose que tu reconnais face à eux après ?

Oui… Pour tout te dire, c’est même la première chose que j’ai fait après la défaite. Je suis quelqu’un qui sait reconnaître ses erreurs et qui n’a pas de problème avec l’échec. Je sais me sacrifier pour faire briller mes coéquipiers. Tu veux un exemple en rapport avec le foot ? Aujourd’hui, si on me demande : « quel joueur voudrais-tu être ? » ; je répondrais Xavi, sans la moindre hésitation. Les experts comprendront.

Comment avez-vous vécu cet échec ? Beaucoup d’observateurs s’attendaient à une belle performance de votre part.

Forcément, on était déçu… on était en forme sur Internet avant de venir à Marseille, je pense vraiment qu’on a eu un jour « sans » comme on dit : rien ne s’est passé comme prévu. Maintenant, il faut mettre cet échec de côté pour rebondir le plus vite possible. Tout le travail de débriefing a été effectué, à nous d’essayer de régler les problèmes désormais. Il nous manque encore beaucoup d’expérience. Le plus important, c’est de rester déterminés et de continuer à se focaliser sur nous-mêmes.

Et toi, plus personnellement, cela t’affecte dans ta façon de travailler, d’appréhender ton lead ?

Bien sûr, oui. J’ai beaucoup appris en tant que leader là-bas. Comme tu l’as dit, j’ai fait une erreur sur les vetos et le choix de la map : à moi de me remettre en question. En tant que leader, mais aussi en tant que personne : j’essaye d’apprendre de nouvelles choses tous les jours. Je n’ai qu’un objectif, continuer d’apprendre.

Récemment, tu comparais Counter-Strike au jeu d’échecs, peux-tu revenir sur cette comparaison

Pour moi, la lecture du jeu est la qualité la plus importante sur Counter-Strike, si vous arrivez à percevoir ce que votre adversaire a dans la tête, vous aurez toujours un coup d’avance sur lui. Les plus grands joueurs d’échecs, c’est ça : ils arrivent à prévoir 4,5,6,7 peut-être même encore plus de coups à l’avance ! Et donc, ils ont la capacité de pouvoir utiliser ces informations pour orienter le jeu en leur faveur et/ou déstabiliser leur adversaire. C’est comme voir l’avenir quelque part (rires) ! Et sur CS, c’est la même chose : tu retrouves cette fameuse bataille de l’intelligence et le pouvoir de lire le jeu de ton adversaire. C’est un vrai duel mental entre les deux équipes qui s’affrontent.

Kasparov dit d’ailleurs des échecs : « Chaque partie est une lutte pour dominer l’adversaire. Perdre la partie de l’intelligence, cela peut être plus violent, plus brutal qu’un affrontement physique. Perdre aux échecs, c’est une question de domination absolue. C’était bien plus que perdre ou gagner quand je jouais, c’était survivre. Certains de mes adversaires avaient peur de moi. Pour moi, chaque partie était un nouveau combat. » On y retrouve effectivement le même parallèle autour de la dimension mentale avec l’esport

C’est exactement ça : utiliser la peur de son adversaire, savoir lui faire comprendre que vous êtes plus fort que lui, ou plus rapide que lui… si vous ressentez tout ça dans un match, selon moi, vous pouvez même faire perdre votre adversaire avant même le début du match, ou très tôt pendant la partie. Pour mon cas, je pense que mon caractère un peu « arrogant » m’aide un peu. Enfin, pas forcément « arrogant », mais, disons déterminé à vouloir m’imposer face à mes adversaires, peu importe de qui il s’agit. Comme Makélélé, tu sais : « Brésil ou pas, m’en bat les couilles ! » (rires)

MAJ3R, devenu un vrai leader

Il manque quoi aujourd’hui à CS :GO pour être encore « meilleur » ? Le jeu est beaucoup plus « rythmé » qu’auparavant, mais je pense qu’on peut encore améliorer certaines choses, on parle beaucoup d’un possible nerf du CZ en ce moment notamment…

Aujourd’hui, CS :GO est beaucoup plus compétitif que pouvait l’être 1.6, dans le sens où chaque round est difficile à appréhender. Sur 1.6, si tu gagnais le gun round, tu commençais directement la partie à 3-0 quelque part, ou du moins tu avais cette confiance en toi d’avoir pris un round très important dès le départ. Ça, ça n’existe plus sur CS :GO avec les pistols d’aujourd’hui et le CZ notamment. Je pense que Valve a obtenu ce qu’il cherchait avec ça, avoir plus de spectacle pendant les rounds, ce côté plus « imprévisible » dans le jeu. Après, un nerf du CZ pourrait être une bonne chose, pourquoi pas réduire le nombre de balles dans le chargeur par exemple ? Histoire qu’on puisse faire un kill, peut-être deux, mais pas des brochettes hallucinantes à chaque eco round ! Pour être clair, l’appréhension du cycle money a vraiment beaucoup changé avec CS :GO. Ensuite, peut-être qu’on pourrait encore améliorer certains bugs de hitbox.

Qu’est-ce que tu penses de la scène française aujourd’hui ? Malgré les années qui passent, j’ai l’impression qu’elle manque de « maturité » pour avoir des équipes performantes sur la durée - alors qu’elle possède pourtant un pool de joueurs très intéressant…

Je ne sais pas trop… il y a tellement de joueurs talentueux en France, mais l’état d’esprit français me semble étrange… pourquoi ? Parce que j’ai l’impression qu’au premier obstacle, les mecs abandonnent un peu vite au lieu de réfléchir à comment trouver des solutions pour continuer à tirer dans le même sens ; ils préfèrent trop souvent changer de lineup rapidement au lieu de persévérer ensemble. C’est important dans certaines situations de savoir mettre son ego de côté pour faire avancer l’équipe. Peut-être un manque de « maturité » comme tu dis…

Cela t’inspire quoi par exemple la future lineup avec shox, Ex6 et SmithZz ?

Sur le papier, ça pèse très lourd en expérience ! Je pense qu'à eux trois, ils ont l’intelligence de jeu et l’expérience de l’ensemble des joueurs français réunis. Le problème, c’est qu’il y a 3 gros caractères et souvent pour qu’une équipe soit performante, il faut des mecs un peu « passifs » on va dire. À 3, cela peut devenir un peu difficile à gérer sur la durée. Pour moi l’idéal, c’est 2 gros caractères avec beaucoup d’expérience et 3 joueurs « passifs » surtout à l’écoute des autres. C’est un principe que j’utilise par exemple dans mon équipe : dans un binôme ou en phase d’attaque, je mets toujours un joueur « passif » et un autre plus « actif » ensemble. Si vous mettez deux « actifs » ensemble, il se peut qu’ils se marchent dessus et qu’ils pensent trop souvent à prendre les mêmes décisions, cela n’apporte pas de variété dans le jeu.

Et G2, tu as un avis sur leur composition avec mixwell ?

Déjà, je trouve mixwell super bon, un vrai joueur polyvalent capable de faire un peu de « tout » durant une game. Un vrai « couteau suisse ». Je pense juste qu’ils ont besoin de temps pour franchir la barrière de la langue avec lui. Avec du travail et de la volonté, ils peuvent arriver à faire de belles choses. Je connais Nathan (NBK) seulement de l’extérieur, je ne sais pas s’il possède les qualités pour être un bon leader, mais de ce que je vois, je pense que c’est le cas. Il faut surtout que les 4 autres joueurs lui accordent une véritable confiance « aveugle » presque. Sinon, cela ne fonctionnera pas. De l’extérieur, on a vraiment la sensation qu’il se sacrifie beaucoup pour son équipe, c’est déjà une qualité importante pour un leader. Faire briller ses joueurs au détriment de son jeu personnel, c’est la qualité la plus importante pour un leader.

"Je me sens autant français que turc"

De ton côté, tu as déjà reçu des propositions d’une équipe française ? Tu as déjà pensé à revenir en France pour jouer avec des joueurs français ?

Franchement, pas vraiment. Pour l’instant, je suis à 100% avec mes joueurs turcs. Si dans l’avenir, j’ai la chance de pouvoir revenir en France, ce serait avec plaisir. Je me sens autant français que turc, je suis né et j’ai grandi en France. D’ailleurs, j’ai joué pour la France sur 1.6 contre l’équipe de Turquie (rires) !

Tu as déjà des idées pour la suite de ta carrière ? Des projets pour "l’après Counter-Strike ?"

Le principal : construire une vie de famille, avoir son business à côté et être proche de l’océan et de la nature, voilà ce que je souhaite.

Dernière question, si tu pouvais revivre un moment sur CS 1.6, quel serait-il ?

Sans hésiter, mes premières LANs ! En portant mon écran et mon ordinateur sur le dos à faire 8 heures de route entre Paris et Marseille pour jouer une PxL (rires) ! Ça, c’était quelque chose…

Interview réalisée par Philippe "faculty" Rodier, ancien joueur 1.6 et auteur de "Jouez sérieux. Le phénomène esport raconté par les gamers".
Photos par HLTV, Team-aAa.


Philippe Rodier