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Mercredi 21 décembre 2016 19:42

Interview de Franck Fontaine, directeur général de Event2Give

Aujourd'hui nous partons à la rencontre d'un acteur de l'eSport en France, organisateur de lan et d'événements divers, patron de multigaming ou encore président de la Fédération Française de Jeu Vidéo et pour couronner le tout, Conseiller municipal et très investi dans le milieu du bâtiment. Cette personne aux multiples casquettes est bien évidemment Franck Fontaine, connu également sous le pseudo Bloodpingu.

Malgré des débuts modestes, il s'est petit à petit imposé sur la scène française grâce à des événements comme la Cap Arena ou plus récemment les Ultimate Arena qui font un carton en région parisienne. Ce passionné a accepté de nous rencontrer et nous parler de son organisation Event2Give et plus généralement de sa vision de l'eSport en France. Enjoy !

Bonjour Franck, tu es le directeur général de Event2Give, l'organisation organisatrice de la Cap'Arena où nous nous sommes rencontrés il y a déjà quelques années. Il semble que depuis, E2G a connu un boom assez impressionnant, si j'en crois votre compte Twitter (@Event2Give) et j'ai l'impression que vous organisez ou participez à la réalisation de nombreuses LAN et évènements. Le mois dernier se déroulait l’Ultimate Arena, puis vous avez enchainé avec le DVJV, raconte-nous un peu ce que fait E2G ?

Bonjour, en effet la marque E2G organise 2 à 3 évènements par mois. Ces évènements sont de plus en plus dédiés au grand public, avec toujours un lien assez fort avec certaines communautés eSportives.

En décembre 2015 vous avez connu une Cap’Arena difficile, que tu as qualifié de désastre. Vous n’avez pas renouvelé cette lan en 2016, où en êtes-vous avec la Cap et Counter-Strike ?

La Cap'Arena est un évènement qui est né avec et pour la commune de Cappelle la Grande, dans le Nord de la France. La commune d'Epône a souhaité, en 2015, un événement semblable. Il s'est en effet assez mal déroulé et ce pour plusieurs raisons que nous avons déjà très largement expliqué sur notre site Internet et sur nos réseaux sociaux. Si un événement type « Cap'Arena » devait avoir de nouveau lieu, ce dernier se déroulerait dans une salle avec fibre optique et il serait exclusivement géré par l'ensemble de nos équipes techniques. Nous avons appris de nos erreurs, nous avons progressé et nous avons décidé de ne plus sous-traiter l’organisation de nos évènements eSports.


MoMaN et Franck Fontaine

Avoir autant d'évènement à organiser et à gérer est clairement un travail colossal, compte tenu de ton emploi du temps - sur lequel nous reviendrons plus tard- E2G doit être constitué d'une sacrée équipe. Qui sont ces acteurs de l’ombre ? Comment la structure est-elle organisée et quel est son statut Juridique ?

E2G est une marque déposée qui appartient à 3 associations de Loi 1901. C'est en effet un travail colossal qui est effectué par l'ensemble des bénévoles de ces associations qui, je le rappelle, sont à but non-lucratif. Les passionnés qui m’entourent dans la direction d’E2G sont pour la plupart des responsables d’entreprises, forts d’expériences réussies, autodidactes dans le milieu des jeux vidéo, et qui aiment donner de leur temps à former des jeunes.

La structure, comme tu le sais, dispose de plusieurs services: l’évènementiel, le webdesign, l’ingénierie et le réseau, l’eSport avec Team E2G, un service commercial, et enfin, un service externalisé pour la gestion, la comptabilité, les RH et le juridique. Ces services sont dirigés par des bénévoles responsabilisés qui rendent compte de façon hebdomadaire à un comité directeur opérationnel dont je fais partie.

Financièrement comment vous en sortez-vous ?

Nous vivons des prestations que nous proposons au grand public, aux festivaliers, aux eSporteurs, mais aussi grâce à nos sponsors et/ou des subventions de l’État. Ce n'est pas toujours facile car nous investissons souvent dans du matériel qui nous coûtent de plus en plus chère à déplacer, à entretenir et à stocker, mais comme je te l'ai dit précédemment, nous avons la chance que la marque E2G soit gérée par de vrais gestionnaires de centre de profits et nos 3 associations ont des finances saines, sans dettes et avec des partenaires financiers/bancaires qui ont confiance dans nos décisions.

Nous avons rarement l'occasion de voir des "grandes équipes" françaises ou internationales à vos LAN, j'irais même plus loin, j'ai l'impression que vous cherchez plus à toucher le cœur de la communauté e-sportive plutôt que de chercher à faire "plus de bruit" en faisant venir ce profil d'équipe. Est-ce que mon sentiment reflète votre vision ? Quelle est la cible de vos évènements ? Avez-vous d’une manière ou d’une autre ambitions internationales ?

Nous savons que la France manque d'évènements majeurs. E2G n'a pas la légitimité de pouvoir proposer, aujourd'hui, ce type de compétition. D'une part ce n'est pas dans notre ADN et d'autre part il faudrait être en capacité de pouvoir s'entendre avec d’autres acteurs français majeurs du jeu vidéo. Seul, sans communication ni coopération avec d’autres entreprises, marques ou associations de l’esport nous ne nous risquerons pas dans cette aventure là. Mais nous restons ouverts à toutes propositions…

Dans ton évolution dans ce secteur, tu as su prendre des risques, je pense notamment à la Cap'Arena 2 totalement gratuite en 2013, ou encore à ton "partenariat" la même année avec Gérard Vives (@GERARDVIVESreal) qui semblait un peu surnaturel tant son univers télévisuel semble loin de l'esport et du jeu-vidéo. Grâce à ton travail et à ces risques, tes évènements semblent aujourd'hui jouir d'un succès certain et d'une clientèle fidèle. Comment te sont venues ces idées et comment as-tu réussi à les mettre en place, surtout en 2013 où l'environnement esportif n'avait pas les moyens d'aujourd'hui ?

Je pense que la réussite d'une entité, quelle soit associative ou entrepreneuriale, passe surtout par la capacité de ses dirigeants à anticiper et innover. J'ai 33 ans, je suis jeune et ambitieux, mon parcours professionnel le prouve et les personnes que j'ai rencontrées dans l'univers des jeux vidéo, m'ont appris à transmettre mes valeurs et mes compétences de travail aux profits d’E2G.

Je ne suis plus seul à travailler et réfléchir pour ce qui est aujourd'hui le plus important organisateur d'évènements de jeux vidéo associatif français. E2G est composé de bénévoles tous aussi compétents les uns que les autres, et grâce à leur confiance et leur implication, nos choix sont payants et je suis certain que ce n'est que le début d'une grande et belle aventure. Je ne suis pas de ceux qui font un buzz et s'essoufflent en 2 ou 3 ans, j'aime construire sur des fondations solides et soyez certains que l’édifice sera à la hauteur de nos ambitions !


A droite, Franck Fontaine aux côtés de Gérard Vives

Tu as encore surpris tout le monde cette année, en annonçant le recrutement de la line-up de MaYeRs et Dim2k (ndlr : dim2K, mayers, coco mshz et Zac2k). Pourquoi ce choix ? Quelle est l’ambition de cette équipe ?

Ce choix s'est fait naturellement car la communauté CS est la première avec laquelle nous avons travaillé. C'est avec elle que nous avons grandi et progressé, il nous fallait une équipe, avec des valeurs fortes pour nous représenter. Je pense que la sagesse et l'expérience de Dim2k, ainsi que celles de ses coéquipiers, correspondent à ce que nous recherchons. Nous n'avons pas, à ce jour, d’ambitions précises avec cette équipe, nous souhaitons simplement les accompagner où ils auront envie d'aller et avec nos moyens. L’associatif c’est aussi savoir récompenser des joueurs pour leur excellent état d’esprit et leur fairplay !

Dis-moi si je me trompe, mais initialement ton activité professionnelle gravitait autour du bâtiment et de la construction. Aujourd'hui tu gères E2G, tu es conseiller municipal dans ta ville, président d'une multi gaming, tu as créé une fédération du Jeu-vidéo et tu es toujours actif dans la construction et le bâtiment. Initialement d'où vient cette passion pour le jeu ? Comment arrives-tu à jongler entre toutes ces activités ? Tu as clairement donné de ton temps, mais as-tu aussi été mécène de E2G pendant un temps ?

Excellent travail de recherche ! Je suis en effet un passionné du bâtiment, de notre patrimoine bâti et des valeurs que m'ont apporté les chantiers et leurs difficultés. Investi dans le jeu vidéo dés l’âge de 16 ans, grâce ou à cause d'un homme qui se reconnaîtra et qui est aujourd'hui un casual gamer, ingénieur financier à Londres chez le géant Bloomberg : c'est lui qui a monté et qui m'a offert mon premier PC, en 166 Mhz, avec une connexion web en 56K !

Mon activité principale est toujours dans le bâtiment, avec encore d'importantes responsabilités. Je ne pense pas arrêter un jour, tellement ce milieu me passionne. Il m'a en effet permis d'être mécène pour E2G, que j'aime et en qui je crois de plus en plus. Enfin, comme tu l'as dit, mon investissement associatif m'a permis d'être sollicité aux dernières élections municipales et j'ai fait partie de ceux qui, il y a quelques années, ont fondé la FFJV, tant décriée sur le web, mais qui existe toujours, sans faire de bruit, dans l'intérêt de ses clubs et associations adhérentes.

Enfin, ceux qui travaillent avec moi le savent, je sais changer de casquette quand il le faut, je sais ne pas mélanger les intérêts des entités que je représente et j'ai une certaine capacité de travail dont certains chez E2G pourront te parler.

Lors de la création de la FFJV (Fédération Française de Jeu Vidéo, http://www.ffjv.org/) en 2013 (Sacrée année pour toi !), tu avais pour ambition d'aider les équipes à avoir un statut associatif et d'organiser des championnats de France sur un maximum de jeu. Où en êtes-vous aujourd'hui quel est votre rôle au quotidien ? Vos projets ? La fédération peut être devenir un acteur majeur dans l'esport en France ?

La FFJV a aidé et aide toujours les associations qui la sollicitent, ces associations ont besoin de conseils à leur création, mais aussi dans la vie quotidienne (convocation d'Assemblée Générale, interactions avec les préfectures, validations des comptes, radiation d'un adhèrent etc...). Cette mission de la FFJV personne ne désire la faire, c'est un travail de l'ombre, c'est ingrat et surtout, ça ne fait rien vendre !

La FFJV a aussi aidé au développement de la Ligue Française des Sports Virtuels (LFSV), ainsi que de la Ligue des Sports Mécaniques Virtuels (LSMV). Ces deux ligues organisent avec leurs clubs des championnats nationaux et même si elles rencontrent parfois certaines difficultés, elles existent toujours et se portent bien. La FFJV s’est intéressée aux MOBA et aux FPS consoles et PC, mais ces communautés, plus exigeantes et impatientes, ne nous ont pas permis de prendre le temps de proposer des ligues adaptées pour le moment.

Pour répondre à ta dernière interrogation, la FFJV est là, elle reste dans l'expectative de voir ce que les « professionnels du marketing » qui composent l'eSport aujourd'hui vont proposer à nos clubs. Mais je suis certains qu'avec la Loi République Numérique, les décrets d'application vont arriver, même si une majorité continue à acclamer les piliers de ces réflexions : dans quelques mois, l'associatif français aura besoin d'une FFJV forte !

Les élus de la FFJV seront là, à ce moment précis et l'ensemble du tissu associatif français deviendra l'acteur majeur de l'eSport. Un acteur incontournable qui aidera les entreprises du secteur à progresser et à devenir de plus en plus compétitives à l'international. Un acteur qui aidera à légiférer dans l'intérêt du consommateur qu'est l'eSportif et non dans l'intérêt des gestionnaires de centres de profits etc... Si ce n'est pas le cas : la FFJV et les associations françaises mourront ! Place à de l'extra-libéral et nous paierons les lans 150 à 200€ l'entrée, les DLC plus chères que les jeux... Etant Français, croyant en notre capacité de créer et de proposer les choses, je ne peux croire en ce dernier scénario !


E2G, une grosse équipe de bénévoles passionnés

Mastersjeuvideo.org, ffjv.orgfrance-esports.orgffjvr.com etc. Honnêtement quand on voit tout ça de loin ça semble être beaucoup d’énergie et de travail sans aucune convergence. Il faut une licence Masters, une license FFJV, bientôt une license France Esport (dont la base de données va servir à alimenter les prospections des sociétés fondatrices ?), comment l’utilisateur peut-il s’y retrouver ? Il semble incroyable qu’il y ait un Fédération Française de Golf et une Fédération Française de pétanque qui arrive à gérer leurs sports mais que dans l’esport vous n’arriviez pas à vous rassembler. Comment vois-tu tout ça avec bientôt 3 ans à la présidence de la ffjv ?

Je pense que cette situation est politique ! Avoir créé France eSport avec les sociétés du secteur, sans les représentants du tissu associatif français c'est d'une part volontaire, mais c'est d'autre part une erreur. Ne pas s'entendre est une chose, mais il est certain que MFJV et FFJV savent parler ensemble (ex : à la PGW, j'ai passé 1h30 à échanger avec Grégory Vidal) quand il le faut et les animosités de personnes passent en dessous de nos responsabilités respectives.

Je pense qu'en l'état, sans clarté sur sa gouvernance de demain et sur les modifications de ses statuts, France eSport n'est pas viable. Je pense que la FFJV et MFJV continueront d'exister tant leurs tissus associatifs sont forts et se développent de jour en jour. Peu importe qui aura la légitimité demain de licencier les eSportifs français, le principal est qu'il n'y ait ni conflits d'intérêts, ni abus dans un milieu en ébullition où les Euros commencent à pleuvoir... Restons vigilants sur l'intérêt des eSportifs qui sont les premiers propriétaires des jeux qu'ils ont achetés en Europe.

En avril 2016, l’association France Esport était créée, les médias en ont parlé et tout cela, était bien en rythme avec la loi numérique et l’adoption de la reconnaissance officielle de l’esport au Sénat un mois plus tard. Pour nos lecteurs : cette association a été fondée et est gérée par les acteurs des grandes sociétés esportives : Ogaming, GA, LDLC, Lyon Esport, Oxent (ESWC), Turtle (ESL) et Webedia (Jv.com, Millenium).Tu as été assez dur avec eux sur les réseaux sociaux, aujourd’hui avec 8 mois de recul, que penses-tu de France Esport ?

Merci, excellente question, mais je pense avoir tout dit au dessus ^^

Pour terminer, tu as maintenant quelques années d'expérience dans l’esport, quelques échecs et quelques belles réussites, as-tu encore des projets à réaliser ? Quel est ton objectif à moyen et long terme ?

Je souhaite développer E2G, y créer de l'emploi car l'associatif ce ne doit pas être que du bénévolat. Je sais qu’E2G est capable de montrer le chemin à bon nombre de passionnés qui ont eux-mêmes créés leur projet.

Je souhaite aider au développement de la FFJV et des associations françaises car je crois en l’associatif français et en nos capacités de créer. Dans tous les domaines la France a donné l'exemple, l'eSport, le jeux vidéo ne fera pas mentir cette histoire. Je suis et je resterai passionné, fidèle, et droit ! Mon expérience sait que le travail avec ses valeurs paye !

Merci pour ton temps et tes réponses sans langue de bois.

Merci à toi pour ce travail de recherche, pour la transparence de tes questions qui ne sont malheureusement pas toujours le cas de certains médias spécialisés qui aiment orienter les opinions des lecteurs, dans l'intérêt de ceux qui leur permettent d'exister... Enfin, comme tu le laisses entendre en préambule, nous allons souffler avec E2G notre 10ème bougie dans l'eSport et le Jeu Vidéo. Mon objectif est de poursuivre dans cette direction, de souffler les 10 prochaines avec nos bénévoles, nos collaborateurs et les amis d'E2G, sans qu'à aucun moment on ne puisse me reprocher ma passion, mon dévouement et mon investissement !

 


neL

Créateur de flickshot.fr, journaliste et rédacteur CS depuis 2012. Fan de l'OL et amateur de MMA.